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Les grandes voies d'accès au Vercors

Le massif du Vercors : haute terre ceinturée sur 100 kilomètres de long et 40 de large par de hautes murailles de calcaire, est resté longtemps isolé du monde extérieur. Aujourd'hui, seules des routes à encorbellement utilisant les rares points de faiblesse des falaises permettent de s'immiscer au coeur de cette forteresse

La construction des routes au 19ème siècle

A l'époque, la population du Vercors , constituée de 5000 personnes vivaient repliée sur elle-même et n'avait guère évoluée depuis plusieurs siècles, faute de relations importantes avec l'extérieur. Sur le plateau, on ne circulait qu'à pied ou à cheval (en effet, les routes n'étaient pas praticables pour les attelages). L'économie locale était centrée sur le bucheronnage ( pour les mâts des grands voiliers ) et l'agriculture traditionnelle ne pouvait évoluer dans ces conditions. On décida, alors , de construire des routes pour désenclaver ce " pays " . Or le Vercors qui n'a que peu de choix au niveau des emplacements des voies d'accès n'a laissé envisager que quelques possibilités . Les contraintes du relief et de la géologie dans ces sites étaient telles qu'il fallait mettre en ?uvre des moyens nouveaux pour construire ces routes : l'aspect escarpé des différents chantiers nécessita des techniques particulièrement dangereuses, à l'exemple des " petits Goulets ". " Les percées ont été exécutées au moyen de deux ateliers allant à la rencontre l'un de l'autre ; mais ici, pour faire communiquer les ateliers entre eux, on construisit, au moyen de barres fixées horizontalement dans le rocher, des espèces de pont volant de très légère apparence qui rendirent de grands services, parce qu'en permettant de contourner les parties où l'on devait pratiquer des galeries on put multiplier les ateliers et les faire marcher à la rencontre les uns des autres " sans recourir aux moyens de suspension dangereux pour les ouvriers ". Un certain nombre de points ont dû être attaqué cependant par un seul ouvrier suspendu à l'extrémité d'une longue corde amarrée sur la montagne. Ainsi, suspendu, l'ouvrier commençait par faire une mine et, après y avoir mis le feu, il s'élevait sur la corde à une certaine hauteur pour se mettre hors d'atteinte des effets de l'explosion. Il recommençait ensuite autant de fois que cela était nécessaire pour se faire une petite place, après quoi, il cessait de rester suspendu et il continuait jusqu'à ce que la brèche fût assez grande pour y loger plusieurs ouvriers. Les hardis mineurs qui préparaient ainsi les chantiers avaient acquis tellement l'habitude de ce genre de travail que sur la fin ils ne prenaient même plus la peine de remonter la corde après avoir mis le feu à la mèche: ils se contentaient de donner un coup de pied au rocher et l'élan qu'ils prenaient ainsi les éloignait suffisamment du lieu de l'explosion pour être hors d'atteinte de ces effets. " Jean-Pierre Revellat

La route de Sassenage à Villard-de-Lans :

La première route permettant une communication entre le Vercors et " le bas " fût celle-ci.

Les gorges de la Bourne

Petite histoire :
C'est en 1842 que la commune de Rencurel demande la construction de la route reliant la région des quatre montagnes au Royans. Pendant 13 ans ce projet reste en suspend faute de moyens ! C'est en 1855 que la décision de construction est prise, mais les travaux ne démarreront qu'en 1961 grâce à l'entrepreneur Jean Serratrice. C'est enfin en 1872 que la route du " Pont-Villard " est ouverte. Itinéraire : Elles offrent plus de 850m de dénivelée et 24 kilomètres de route dont le profil s'est adapté à l'espace restreint. Pont en Royans, célèbre pour ses anciennes maisons suspendues qui dominent le lit de la rivière, tient son nom du pont jeté au-dessus de la Bourne de plus de 30 mètres de haut.
 
Puis au c?ur des gorges de la Bourne se trouve le village de Choranche surplombé par les falaises de Presles. Arrivé ici, une visite est indispensable : les grottes de Choranche qui sont magnifiquement aménagées et sans aucune difficulté de parcours. En continuant la route, on arrive à la cascade de Moulin-Marquis qui se balance à plus de 300 mètres et qui est considérée comme l'une des plus grosses résurgences de France. Il faut ensuite s'attarder au fil des virages pour apprécier la grandeur du canyon. Ici, autrefois, les muletiers prenaient des risques considérables pour acheminer charbon de bois, ravitaillement? ou contrebande.
 
Plus loin la route se serre sous la paroi jusqu'au pont de Valchevrière, hameau ruiné pendant la résistance. Et enfin voici le plateau verdoyant des quatre montagnes. Depuis Villard-de-Lans vous pouvez suivre la route en direction de Corrençon, Lans-en-Vercors ou St Nizier d'où l'on rejoint Grenoble.

Les Goulets

Petite histoire :
Au moyen âge on mentionne juste l'existence d'un sentier reliant le Vercors au Royonnais en suivant la Vernaison . C'est seulement en 1828 qu'une étude des ponts et Chaussées envisage un tracé de route le long de la Vernaison malgré les deux obstacles jusqu'alors insurmontables : " les grands et les petits goulets ".En 1854, après de très nombreux efforts, la route des goulets est terminée et accessible aux voitures. [la route des Goulets]
 
Itinéraire :
 
Cette route constitue l'élément le plus pittoresque de la nationale menant de Lyon à Die. C'est la principale mais aussi la plus ancienne route reliant l'Isère au Vercors. Au centre du massif, on peut voir la Chapelle-en-Vercors dont il ne reste comme seule trace du passé que l'église, le clocher du 13ème siècle et la fontaine ornée de l'ours de bronze : le village a été détruit en juillet 1944. Sur le chemin, on peut visiter les grottes de la Luire ( site historique ), mais un détour par Vassieux permet de découvrir le nouveau mémorial de la résistance et le musée de la préhistoire. Aux Baraques en Vercors, la route franchit la barrière de calcaire par une faille étroite où se faufile la Vernaison, et débouche sur les grands goulets : leurs deux parois tantôt grises, tantôt jaunes paille s'élèvent , abruptes, au-dessus de la route. Plus loin, l'itinéraire surplombe le petit village d'Echevis isolé et paisible. On peut distinguer de là le pas de l'Allier qui fût un passage historique entre le Royans et le Vercors. Enfin, la route atteint les petits goulets et débouche sur la plaine du Royans à Sainte-Eutalie.

La combe Laval

Itinéraire: Pour joindre la forêt de Lente à St-Jean-en-Royans, une route en corniche fut taillée à la fin du siècle dernier. Du col de la Machine ( ancien chemin muletier construit par les Charteux au 12ème siècle ), 4 kilomètres de route sont creusées dans la muraille surplombant 600 m de vallée encaissée au fond de laquelle coule le Cholet. Après le col de Gaudissart et le bois de l'Echarasson, un virage brusque nous emmène sur le belvédère qui nous offre un extraordinaire coup d'oeil sur St-Jean et la plaine du Royans plus de 500m plus bas. La route y conduit.

Les Ecouges

Itinéraire : C'est certainement la plus surprenante des routes d'accès du Vercors : il faut grimper jusqu'au col de Romeyere par la D 35 en passant par les pâturages et les sous bois puis basculer sur la forêt de Coulmes. La route descend par les gorges jusqu'à la Drevenne. Au sortir des gorges, la route taillée à flanc de montagne offre une vue spectaculaire sur l'Isère. Enfin vous pouvez admirer la cascade de la Drevenne haute d'une cinquantaine de mètres.