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La sécurité en randonnée

Auteur de l'article: Chantal Baud

Sécurité en randonnée : nous pouvons prévenir !

Si le risque zéro n'existe pas, nombre de conseils permettent d'optimiser la sécurité des randonneurs lors de leurs expéditions. La préparation doit être minutieuse, la vigilance présente à chaque instant.

Le saviez-vous?

Les chiffres des secours présentent la randonnée comme l'une des pratiques les plus «accidentogènes» parmi les activités de montagne (1 311 interventions pour l'été 2006 selon les chiffres du SNOSM*). L'accident inhérent au milieu naturel est bien moins fréquent qu'un accident consécutif à une faute humaine (imprudence, équipement inapproprié, etc.). Il est courant en effet que certains randonneurs fassent preuve d'insouciance. La météo est bonne, «on» connait le coin... et c'est parti ! Seulement la nature, en randonnée comme pour d'autres pratiques, requiert une certaine modestie de la part de ses adeptes. Dès l'instant où l'on projette une randonnée, il est indispensable de ne pas préjuger de ses moyens.

Préparatif de pros

Le choix de l'itinéraire est la première étape à laquelle une attention toute particulière doit être apportée. Pour cela, de nombreux topo-guides explicites décrivent avec force détails les sentiers choisis. La distance, le temps moyen de parcours, la cotation de difficulté et les dénivelées permettent alors d'opter pour la rando adéquat au type de marcheurs et à leur capacité physique. Un itinéraire de repli est conseillé notamment pour les treks de longue distance : en cas d'impondérable, un plan «B» est bien souvent utile. Pour plus de pertinence encore, l'information doit être étayée par les conseils à glaner auprès professionnels locaux dont la connaissance approfondie des lieux est avérée. Vient ensuite la préparation du matériel. Là encore, pas de fantaisie. Une liste doit d'être établie à l'avance selon le type de randonnée choisi. De manière générale, tout matériel doit être au préalablement testé «in situ». Il n'y a rien de plus critique que de s'empêtrer dans l'utilisation d'un équipement non maîtrisé en situation d'urgence ! Dans le sac, le premier élément dont il faut se munir est la trousse de premiers secours. De multiples modèles prêts à l'emploi et adaptés aux différentes pratiques sont disponibles dans les magasins spécialisés. Prendre conseil auprès d'un médecin ou pharmacien se révèle également très judicieux pour s'adapter aux configurations spécifiques d'une course ainsi qu'aux cas médicaux particuliers. Autre précieux conseil avant de partir : transmettre l'itinéraire à des proches ainsi que l'horaire approximatif du retour, en cas de retard important ils pourront donner l'alerte !
Pour parfaire cette préparation, les sites internet de la fédération française de la randonnée pédestre (www.ffrandonnee.fr) et de la fédération de la montagne et de l'escalade (www.ffme.fr) confèrent des conseils et des check-lists exhaustifs des plus avisés.

Temps de randonneurs

Une fois les préparatifs bouclés, ce sont les conditions météorologiques qui déterminent le départ. Il faut affiner la version nationale du bulletin en s'appuyant sur les centres météo locaux qui procurent une information plus pointue (tél : 08 92 68 02 plus le n° de département concerné). Le temps peut évoluer très vite, notamment en montagne. S'assurer d'une météo favorable et stable est crucial.

Jour J

Sur les sentiers, le comportement des randonneurs est déterminant. Physiquement, il faut savoir gérer ses efforts, ne pas omettre de s'hydrater et de s'alimenter régulièrement. Même au beau milieu de paysages somptueux qu'offre la nature, il faut savoir rester attentif à l'état du terrain et respecter le balisage. Dans tous les cas de figure, il est vital de rester humble face aux éléments naturels et de ne pas surestimer sa propre condition physique.

Que faire en cas d'accident ?

En situation d'urgence le sang froid est de rigueur. Bien que certaines blessures puissent paraître anodines, il ne faut rien négliger. Prodiguer les premiers soins possibles au blessé et l'envelopper d'une couverture de survie en attendant les secours. En toute situation, il ne doit jamais rester seul. Composer le 112 qui est le numéro d'urgence qui permet de joindre le CODIS** le plus proche, même en cas de faible couverture du réseau. Les premières informations à fournir sont le positionnement géographique et l'état du blessé. L'utilisation d'un GPS garantit une donnée précieuse. Les utilisateurs de radios pourront également au préalable s'informer des fréquences des postes de secours les plus proches. Attention cependant, la maîtrise de la boussole et de la lecture d'une carte restent indispensables (voir encadré). Pannes ou batteries déchargées peuvent jouer de mauvais tours...

En l'absence de ces outils, des solutions «manuelles» peuvent permettre d'être repérés : coups de sifflet, fusée (à emporter systématiquement avec soi). Enfin des signaux conventionnels internationaux sont à connaître en cas de survol d'un hélicoptère : les deux bras levés signifient «au secours», un seul bras en l'air permet d'exprimer qu'aucun problème n'est à déplorer.

Alors, en randonneurs avertis, ne laissez rien au hasard et diffusez au plus grand nombre ces règles de bon sens !

Questions au Lieutenant Jean-Pierre Mirabail du PGHM de Chamonix.

Quels sont les accidents les plus fréquents et comment les éviter ?
Les glissades hors et sur les sentiers même. Pour les éviter, s'équiper de chaussures adaptées et éviter de porter des baskets... Sur le terrain, suivre les balises et ne pas couper les lacets. Il est fréquent aussi que les personnes secourues soient égarées ou prises par le mauvais temps. Posséder une carte et avoir un minimum de connaissances topographiques peuvent parer ces situations, tout comme l'utilisation d'une boussole et éventuellement d'un altimètre. La fatigue et le manque de préparation sont aussi des causes d'accident. Quoi qu'il en soit, avant le départ, se renseigner auprès des professionnels de la montagne.

Comment déterminer au mieux l'emplacement d'un bivouac ?
S'informer avant tout sur la réglementation applicable à la zone concernée auprès des parcs nationaux, des arrêtés préfectoraux ou municipaux. Planter sa tente sur un endroit plat et à l'abri du vent en évitant les croupes et les bords immédiats des torrents.

Quelle attitude adopter face à un orage ?
Il faut absolument éviter de s'abriter sous un arbre ou un surplomb et se garder de courir (conducteur de foudre ou effet d'amorce). Essayer de s'isoler du sol en s'asseyant sur son sac à dos.

La prévention entre en campagne

Orchestrée par le ministère de la Jeunesse et des Sports, en collaboration avec la Fédération Française de la Randonnée Pédestre, une nouvelle campagne de prévention est sur le point d'être lancée. Son représentant au sein de la FFR, Jean-Michel Brunet, explique en effet qu'une expérimentation a été mise en place afin de transmettre les recommandations essentielles le plus directement possible au public concerné. C'est donc dans une vingtaine d'offices du tourisme des massifs montagneux français qu'une formation aux risques encourus en randonnée sera dispensée. Une sensibilisation auprès du personnel des offices sera proposée par les différents corps de métiers impliqués afin que l'information soit retransmise au mieux auprès des marcheurs de l'été 2008. Un mémento sera également mis à la disposition de ces derniers récapitulant les oublis à ne pas commettre, les bons réflexes à avoir en cas de problème et rappelant surtout la vigilance à maintenir lors de toute sortie.
*SNOSM : Système national d'observation de la sécurité en montagne
** CODIS : Centres opérationnels départementaux d'incendie et de secours.

Article rédigé par : Chantal Baud - Date de publication: 18 mai 2009