Les pionniers du Néolithique s'installent en Provence dès 7000 avant le présent. Ils ont laissé les traces d'une culture dite "cardiale" parce qu'ils décoraient leurs poteries à l'aide d'un coquillage marin : le cardium. La "néolithisation" se diffuse en Europe occidentale environ deux millénaires après le Proche-Orient. Il faudra attendre le début du sixième millénaire avant le présent pour constater l'implantation des premiers Néolithiques de tradition cardiale dans notre région.
Ces premières implantations sont rares et seulement connues pour le moment au pied du Vercors, à la Grande-Rivoire. Ces premiers Néolithiques remontaient le couloir rhodanien et ses affluents et pouvaient entrer en contact avec les groupes de chasseurs de la toute fin du Mésolithique. Ces derniers avaient déjà eu des contacts avec des courants novateurs puisque le boeuf est déjà domestiqué dans plusieurs sites (Balme-Rousse et la Grande Rivoire en Vercors).
En montagne, on constate souvent leur présence aux mêmes emplacements que les Mésolithiques, mais les occupations sont nettement moins importantes et la céramique totalement absente. Il semblerait que les Néolithiques cardiaux suivent quelque peu les traditions des peuples chasseurs, bien qu'aucune céramique datable n'ait été trouvée dans les zones d'altitude. On rencontre des éléments de Néolithique ancien en Chartreuse vers 1750m d'altitude (l'Aulp du Seuil) ainsi que dans le Vercors (cirque de Choranche, Balme-Rousse et Coufin) et dans les Coulmes (Pas de l'Echelle).
Des fragments de poteries typiques d'une culture italienne, les "vases à bouche carrée" ont été trouvés à Charmate et peut-être à la Grande-Rivoire (Vercors). Sur les piémonts, les Néolithiques de tradition cardiale élèvent le mouton et probablement le boeuf. Ils chassent essentiellement le cerf, le bouquetin et le sanglier mais aussi toute la palette de la faune tempérée.
Les flèches sont systématiquement armées de pointes en silex dites "tranchantes", de forme triangulaire. Bien qu'ils connaissent la mouture des végétaux sur des meules dormantes, aucune trace de céréales n'a été détectée jusqu'alors. De plus, il n'a pas été trouvé de haches polies de cette période.
Les flèches sont systématiquement armées de pointes en silex dites "tranchantes", de forme triangulaire. Bien qu'ils connaissent la mouture des végétaux sur des meules dormantes, aucune trace de céréales n'a été détectée jusqu'alors. De plus, il n'a pas été trouvé de haches polies de cette période.
Vers 5000 ans avant le présent, de nouvelles vagues d'influences culturelles, toujours méridionales, vont favoriser la pratique de l'élevage, de l'agriculture et l'installation systématique de ces premiers paysans vrais. Ils ne tarderont pas à s'installer en plaine (Francin, Grésivaudan) ou sur des éminences (Saint Loup, contreforts du Vercors) qui offrent déjà, une protection naturelle, ce sont les Chasséens. Des sépultures chasséennes sont connues dans la grotte de Comboire (contreforts nord-est du Vercors).
Cette grotte a d'ailleurs servi de sépulture jusque vers la fin du premier millénaire av. J.C. Ils ne fréquentent plus les zones d'altitude et ne montent que sporadiquement en montagne pour s'approvisionner en silex. Le bord des lacs sera ensuite colonisé par des Néolithiques de la culture "Saône-Rhône" qui pratiquent aussi l'élevage, ajoutant la chèvre puis le porc à leur cheptel, la culture du blé et de l'orge, un artisanat florissant ainsi que des échanges à longues distances (Charavines).
Le Chalcolithique marque le stade ultime du développement néolithique. Sous ce terme, se rassemblent des cultures polymorphes, subissant des influences complexes, tant du courant rhodanien (Provence - Languedoc) que du bassin de la Saône et du Plateau Suisse..
.Les pratiques funéraires en ossuaires collectifs sont plus que jamais d'actualité et plusieurs cas de sépultures en grottes sont connus dans ledépartement (Fontabert, Cluse de Voreppe et Comboire, contreforts est du Vercors). Les corps sont accompagnés d'un riche mobilier funéraire : perles et pendeloques, outils en os et en silex, poteries...
.C'est probablement au Chalcolithique de tradition chasséenne qu'il faut attribuer les nombreuses haches polies isolées trouvées dans le département. Le cuivre est encore très rare et représenté principalement par quelques outils de petite taille. Il accompagne quelquefois la céramique "campandorme", poteries en forme de cloche finement décorées à l'outil.
.A l'aube de la métallurgie, il semble qu'on n'ait jamais autant travaillé le silex comme en témoignent les importants ateliers de taille du Vercors-Sud et Nord Val de Lans, Autrans).
.Enfin, la découverte fréquente d'armatures de flèches en montagne nous montre une active fréquentation de celle-ci par les chasseurs chalcolithiques jusqu'à plus de 2000m d'altitude dans certains cas (Hauts Plateaux du Vercors). La démographie et donc la pression de chasse pouvait être déjà importante en plaine et on cherchait le gibier en altitude. |