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Le plateau de Lans au Moyen-Age

Le Vercors, qui est habituellement rattaché au peuple des Vertacomorii a probablement été occupé durant la période Gallo-Romaine. Même si aucun site d'importance n'a été repéré, on suppose que des carrières ont été exploitées (seulement en été). La population servile était chargée de transporter les blocs de pierre simplement dégrossis vers Die par le pas de Cabrinel. De plus, il est probable que durant la belle saison, quelques bergers et bûcherons aient parcourus le plateau (quelques découvertes viennent confirmer cette hypothèse : le sites d'Engins et de Villard-de-Lans ).
 
Faute de textes et de découvertes archéologiques, le moyen âge reste une période difficile à cerner. C'est pourquoi la présence d'une population permanente sur le plateau n'est assurée qu'avec l'an Mil : en effet la liste des paroisses dressée par l'évêque de la fin du 11ème siècle montre qu'à l'exception de l'église de Corrençon (fondée au 15ème siècle), chaque commune formait une paroisse (Meaudre et Autrans en possédaient même deux qui ont disparu avant la fin du 14ème siècle.)
 
En cette période, où le pouvoir central n'avait plus d'autorité, les seigneurs locaux tentaient de mettre la main sur quelques parcelles de territoires : ils ont donc édifié les premiers châteaux de terre et de bois : les mottes castrales. On en connaît trois dans la région : à Autrans (le château), à Lans (le Peuil), à Rencurel (le château). Pour chacun de ces sites, les textes font mention de plusieurs familles, mais la plus importante est sans aucun doute la famille de Lans : Rainald qui fut qualifié de "chevalier" à la fin du 11ème siècle alors que Guigues, son frère, était chanoine de la cathédrale de Grenoble. Pour avoir fait donation de terres à l'évêque de St-Hugues, ils sont tous deux à l'origine de la fondation de la chartreuse des Ecouges
 
Ensuite commença la période de fortification des terres : les communes de Rencurel, de Lans ainsi que celle de Corrençon virent fleurir les châteaux de pierres. C'est à cette époque que l'on suppose que le site d'Autrans a été abandonné : les sondages archéologiques et l'absence de textes le confirment.
 
C'est en 1339, lorsque le dauphin Humbert décide de faire l'inventaire de ses biens pour en faire donation à la papauté que les communes sont décrites avec précision :
 
La châtellenie de Lans recouvre les paroisses de Lans, Autans et Meaudre : elle compte 640 feux et 11 maisons fortes. Le château d'une tour carrée, d'un bâtiment résidentiel : une " aula " et de quelques dépendances. Le tout est protégé par des remparts de 4 mètres de haut.
 
Le domaine de Corrençon n'est pas tellement différent, si ce n'est qu'il possède deux tours habitables pourvues de cheminées. Il recouvrait la commune de Villard-de-Lans qui comptait 450 feux et 65 nobles.
St-Nizier était rattaché au château de Pariset (actuellement Tour-sans-Venin) et Engin à celui de Sassenage.
 
Quant aux habitants et à leur condition de vie, les documents surtout orientés sur la comptabilité ne permettent pas d'en parler.